L’arrivée du treuil électrique en Gendarmerie

Lundi 8 mars 2021

Au début des années 50, au cours d’une démonstration des capacités du Hiller 360, le commandant Curie, officier des sapeurs-pompiers, fit faire à l’adjudant De Taddéo une balade au bout d’une échelle de corde.
À l’époque point de treuil, que de toute façon, ni les Hiller, ni ses concurrents, n’auraient eu la puissance suffisante pour les mettre en œuvre.
Depuis les équipages dans l’impossibilité de poser, mais confrontés à la nécessité de récupérer une personne en difficulté, utilisent des pis-aller de cette nature ou relevant du système D et appellent le treuil de leurs vœux. Celui-ci existe bien sûr, mais il est utilisé que sur les hélicoptères lourds, ayant une puissance suffisante pour l’utiliser en opération. En matière d’hélicoptères légers, il ne fait son apparition qu’en 1960 sur l’Alouette II.
En effet les hélicoptères ne sont pas des machines assez puissantes pour pouvoir utiliser cet équipement en opération en moyenne montagne. De plus, la technique de l’hélitreuillage est considérée comme marginale, et qu’elle n’est pas enseignée en école de pilotage. Les équipages sont contraints de se former sur le tas. Ce n’est qu’exceptionnel que l’on a recours à cette technique, le plus souvent dans des conditions proches de la limite de puissance disponible. De ce fait, elle est considérée comme une technique relativement dangereuse. Dans ces conditions, la doctrine est de ne l’utiliser que de façon anecdotique et en derniers secours. […]

À partir de 1963, avec l’arrivée de l’Alouette III, la reine de la montagne, la puissance disponible autorise à envisager une utilisation ordinaire de la technique de l’hélitreuillage, y compris en montage. Toutefois, trois difficultés sont mises en avant, par les utilisateurs :
- L’insuffisance de la longueur du câble,
- La nécessite d’une puissance disponible supérieure à celle exigée par un appui patin
- Le givrage de la tête du treuil dans certaines conditions météorologiques. Ce dernier est dû au fait que les treuils sont pneumatiques. […].

L’appréhension des pilotes est plus liée, d’une part à un manque de confiance dans les premiers turbomoteurs, et d’autre part, à une mauvaise maîtrise de la technique de pilotage particulier nécessité par l’hélitreuillage : le pilote ne voit rien de ce qui se passe en dessous de lui. Il pilote en aveugle et doit exécuter les directives de son mécanicien treuilliste. Ce dernier est ses yeux. Le pilote doit faire une confiance aveugle à ses appréciations, notamment de distance : « un mètre à gauche », quand on flirte avec le « caillou », c’est très proche… […] Or les treuils pneumatiques sont équipés d’un câble de 25 m seulement.
Ils seront utilisés dans cette configuration jusqu’au début des années quatre-vingt. C’est-à-dire pendant près de vingt ans. Suffisante pour des opérations de récupération et pour travailler efficacement en montagne.
Les équipages s’en plaignent. L’atelier central répercute l’information au constructeur. […]Très vite, il apparaît qu’il faut doubler la longueur de câble en la portant à quarante mètres, ce qui implique d’abandonner l’animation pneumatique de la tête de treuil au profit d’une commande électrique.
Le constructeur produit un équipement. Des tests grandeur nature sont entrepris au sein des unités de haute montagne, notamment le DAG de Briançon, avant de le commercialiser.

Extrait tiré du livre : L’aventure au quotidien du Lieutenant-colonel Roger Drouin

Commenter cette brève Répondre à cette brève