22 mars 1963 – mission SAR en Italie avec l’Alouette II F-MJAY de la SHG de Berre

Mardi 15 mai 2007

Pierre Rossignol a avoué s’être plongé « dans le tiroir aux vieux rossignols » et y avoir retrouvé une documentation fort intéressante sur une mission SAR, sans doute la première du genre, effectuée par les équipages de la SHG de Berre en mars 1963 pour le compte des autorités Italiennes. Il a décidé in peto de nous en faire profiter.

Le 20 mars 1963, vers 15h30, l’avion quadri-réacteurs Comet du roi Ibn Saoud d’Arabie Saoudite, est porté manquant. Tout indique qu’il se serait crashé en Italie dans la région de Cunéo, sans doute dans le massif de l’Argentera.
Les recherches SAR s’organisent, avec la fébrilité que l’on imagine, liée à la personnalité du propriétaire de l’avion. Certes le roi n’était pas présent à bord. Mais très vite le bruit court que l’avion aurait été la cible d’un attentat et/ou qu’il transportait les bagages de la famille royale et donc un véritable trésor... La rumeur enfle et la presse s’empare du sujet... En 63, on aimait déjà beaucoup le sensationnel...
Pour corser le tout, la météo s’en mêle. Les conditions de vol sont exécrables et les Italiens ne trouvent pas trace de l’avion. Les plus folles hypothèses ont cours dans la presse transalpine. Les Italiens demandent alors le concours des hélicoptères français dont le travail et la compétence en montagne sont déjà reconnus.
La section de Berre, en raison de son détachement semi-permanent de Briançon, est jugée la plus apte à répondre à la demande italienne. Le capitaine (Air) Lorillon du P.C. SAR d’Aix-en-Provence est l’autorité désignée responsable de l’emploi des moyens aéro français. Il répond aux demandes du colonel de Rovere qui représente le SAR Italie.
En dépit d‘un total de 32 missions et 21 heures de vol, les recherches du quadriréacteur Comet IV d’Ibn Saoud d’Arabie sont infructueuses du 22 au 27 mars 1963.

La zone supposée du crash est frontalière. L’épave peut tout aussi bien se trouver côté français... Les recherches tant pédestres qu’aériennes ont donc été menées, en vain, des deux côtés de la frontière. La météo est désormais plus clémente, mais les plafonds restent bas. Les recherches sont temporairement interrompues. D’aucuns pensent même qu’il faudra attendre la fonte des neiges pour retrouver l’épave...

Au début du mois de mai, des montagnards italiens retrouvent quelques traces suffisamment précises pour relancer les recherches. Cette seconde campagne, bénéficie donc de renseignements plus précis, notamment quant à la géolocalisation. Les moyens sont mis en place à Valdieri. Très vite, on découvre une avalanche dont la neige est d’un gris « anormal ». Elle se situe sous l’arête sommitale de l’Argentera (3200 m) et s’étend sur environ 400 mètres. Apres un premier largage de deux carabiniers pour tailler deux encoches au pied de l’avalanche, l’alouette peut se poser sur cette DZ de fortune. C’est à partir de ce point que la noria des rotations de secours va durer du 6 au 9 mai 1953, pour plus de 13 heures de vol et plus d’une cinquantaine de rotations. L’enquête démontrera que le Comet IV a percuté la montagne, déclenché une avalanche qui, outre qu’elle a entraîné les débris vers les fonds, les a aussi et surtout enseveli sous une épaisseur de 15 mètres de neige... Une neige devenue grise du fait du carburant de l’avion.

Mieux qu’une mauvaise transcription, je vous laisse découvrir les coupures de presse de l’époque.

Pierre Rossignol et Roger Drouin
Source : L’Histoire Ancienne BL N° 47. Merci à Roger Drouin pour l’autorisation de publication
Article de journal mars 1963 - Documet DR collection Pierre Rossignol et Roger Drouin
Alouette 2 F-MJAW Gendarmerie avec l'hélicoptère SAR italien- Photo DR collection Pierre Rossignol et Roger Drouin
Alouette 2 F-MJAW Gendarmerie sur le lieu de crash - Photo DR collection Pierre Rossignol et Roger Drouin
Alouette 2 F-MJAW Gendarmerie sur le lieu de crash - Photo DR collection Pierre Rossignol et Roger Drouin

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