Noyades : une vie sauvée en 30 secondes grâce à l’hélicoptère de la gendarmerie

Lundi 5 août 2013

Le trait de la côte basque défile à 220 km/h à bord de l’Écureuil 64, l’hélicoptère de la gendarmerie de Bayonne. À la mi-journée, hier, les plages de Bidart et de Biarritz sont déjà bondées. À bord d’Écu 64, le capitaine Saintespes et ses hommes savent que la journée sera chargée.

En cours de treuillage depuis Écu 64 - Photo © Jean-Daniel ChopinLe genre de journée à secourir des vacanciers malmenés par les rouleaux de bord, les fameux « shorebreaks ». Dans le meilleur des cas, le baigneur secoué s’en tire avec un traumatisme aux cervicales sans conséquence, comme ce nageur de 22 ans pris en charge dans l’après-midi sur la plage de Seignosse-le-Penon (Landes) et évacué vers l’hôpital de Bayonne.

Danse avec la houle
Écureuil 64 n’a pas volé son nom. Il est agile, rapide comme l’éclair. Depuis la base de Biarritz, l’appareil est sur zone en quelques instants. Une minute pour rejoindre les plages d’Anglet, 9 pour celles d’Hendaye et 12 pour « monter » jusqu’à Soustons. Le plus bluffant est la rapidité d’exécution d’un hélitreuillage au-dessus des vagues. 30 secondes. La mécanique de Turbomeca n’y est plus pour rien. Celle, très bien huilée, de l’équipage prend le relais. « Il faut adapter la hauteur de l’hélicoptère à celle de la houle », note le capitaine Saintespes, pilote, qui commande le détachement aérien. Il en va de la vie du futur sauvé et du sauveteur. Le plongeur est largué à proximité du nageur, au ras de l’eau, à 2 mètres de hauteur. L’engin remonte instantanément à 5 mètres. Le souffle des pales ne doit pas gêner le sauvetage. Le plongeur passe une sangle autour des bras du baigneur en difficulté, l’accroche au treuil. Un geste, entendu avec la cabine, et voilà le treuil actionné. Sauvé.

Deux noyés le 1er août
Les journées d’été se suivent et ne se ressemblent pas. Vendredi, l’équipage n’a quasiment pas touché terre. Quatre heures de vol, cinq missions en mer et en montagne. Le lendemain a été plus calme. L’invariant est le nombre de postes de secours à couvrir sur le littoral basque et landais : 51. Écureuil 64 se partage le littoral aquitain avec trois autres appareils du ministère de l’Intérieur. Jeudi 1er août, il est intervenu avec Écu 40, basé à Mimizan. « Un fait rarissime dans l’histoire des interventions héliportées », note le capitaine Saintespes, 6 500 heures de vol.

La situation était gravissime : à l’embouchure du courant de Huchet, sur la plage de Moliets, deux hommes ont été victimes de noyade au stade4 (arrêt cardio-respiratoire). Les victimes ont été transportées vers les hôpitaux de Dax et de Mont-de-Marsan. L’un est décédé dans les heures suivantes. L’autre noyé a lutté trois jours avant de succomber.

Avec 120 sauvetages par an (mer et montagne), l’équipage a aussi de beaux souvenirsb
Le 22 septembre 2006, huit élèves ingénieurs de Toulouse sont prisonniers d’un océan démonté à Seignosse-Les Estagnots. Des creux de 3 mètres, de la mousse sur 300 mètres de large. L’hélicoptère, en fin de visite technique dans le hangar de Biarritz, est préparé au plus vite. Il va sauver 12 personnes : les nageurs et les sauveteurs. « Il faudra vingt minutes pour faire les vérifications, parvenir sur les lieux, hélitreuiller la douzaine de personnes réparties en trois paquets », se souvient le capitaine Saintespes. (...) Lire la suite sur sudouest.fr

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