Sécurité civile : Le bon geste au bout du treuil

Vendredi 22 juin 2012

Pour la Sécurité civile, il est temps de réviser ses classiques d’été. Elle a rassemblé hier plusieurs professionnels des Smur de Cornouaille, prêts à un bain forcé suivi d’un hélitreuillage par Dragon 29. Façon de mieux intégrer les étapes du sauvetage dont ils seront bientôt partie prenante.
Environ un mille et demi au nord-est du port de Loctudy, entre la pointe de Sainte-Marine et le port bigouden. François Dubin, l’un des équipiers du canot Margodig de Loctudy, vient de hisser le pavillon bleu et blanc alpha, signalant qu’il y a des plongeurs dans l’eau. Les véliplanchistes s’éloignent de la vedette SNSM. Ses deux moteurs de 500CV ronronnent. Le bruit des rotors de l’hélicoptère Dragon 29 prend le dessus. Un canot pneumatique du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) approche également, avec à son bord, trois sauveteurs héliportés qui vont observer la manoeuvre depuis la mer. L’exercice de survie peut commencer.

« À 100% pour les victimes le jour du pépin »
Un médecin et une infirmière urgentiste se jettent à l’eau, vêtus d’une combinaison de plongée et d’un VFI (vêtement à flottabilité intégrée). Avant leur plongeon, on leur a glissé que l’eau était à 16 ºC. Ça a l’air trop beau pour être vrai. Le vent les ramène vers le canot SNSM. À force d’efforts, ils parviennent à s’en éloigner et se laissent dériver. Le ciel se dégage à temps pour que le ballet commence : l’hélicoptère Dragon 29 se positionne au dessus d’eux. Un sauveteur descend au bout d’un câble. Probablement galant homme, il harnache en premier lieu la femme à la mer. Son bras tournoie en l’air. C’est le signal. Le pilote les remonte et va les hélitreuiller sur le pont arrière du Margodig. En quelques secondes, le sauveteur a défait le harnais de la « rescapée ». Son bras tournoie à nouveau en l’air. Dragon 29 s’élève et se dirige vers le médecin resté à l’eau. La manoeuvre va se répéter à huit reprises, réglée comme du papier à musique. Mais l’exercice n’est pas jugé rengaine. « Nous formons nos partenaires, pour qu’ils aient la sensation de descendre le long d’un treuil, pour qu’ils soient en confiance, et donc à 100% pour les victimes le jour du vrai pépin », explique Philippe Joly, chef de la base hélico de la Sécurité civile, qui observe la scène depuis le canot pneumatique.

« J’aurai plus de réflexes »
Les huit « cobayes » font partie des 20 médecins et de la quarantaine d’infirmiers des Smur de Quimper, Concarneau et Douarnenez, qui vont, par binômes, former les équipes médicalisées qui prendront place à bord de Dragon 29 à chaque intervention. « Cet été, nous savons que nous allons avoir un certain nombre d’accidents, à la Pointe du Raz, à la pointe de Pen Hir ou en mer. Si le blessé doit être intubé ou ventilé par exemple, l’équipe médicalisée devra descendre le long du treuil. Là, ils voient comment ça se passe. Ils se sentiront plus à l’aise », reprend Philippe Joly. À bord du canot SNSM, Thierry François, responsable mécanicien de la base de la Sécurité civile, vient de joindre le pilote de Dragon 29 : les deux derniers hélitreuillages s’effectueront sur le pont avant, plus exigu, du Margodig. « Sur les chalutiers, la plage arrière est encombrée du chalut, de filets, de casiers alors c’est important de s’entraîner aussi à l’avant », justifie-t-il. Là encore, pas d’anicroches. Les professionnels de santé sont unanimes : « J’ai vu comment ça se passait. En cas de souci, j’aurai plus de réflexes », explique Xavier Barbeau, médecin.

Dragon 29 : 147 missions de secours l’été dernier
« On a intérêt à se familiariser avec ces procédures. L’hélico est utile dans notre région », renchérit Bruno Michielini. (...) Lire la suite sur quimper.letelegramme.com

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1 Message

  • Sécurité civile : Le bon geste au bout du treuil 20 septembre 2012 18:57, par l’amiral bouif

    L’emploi de vêtements à flottabilité intégrée, comme mentionné dans le texte, par le personnel médical est dangereux en cas d’évacuation de la cabine si celle-ci est immergée, en effet, vous resterez coincé au plafond ou dans la queue de l’hélico. Je m’étonne connaissant le haut professionnalisme de Thierry et de Philippe de ne pas avoir "percuté" sur ce détail, qui peut hélas faire la différence…

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