Alain Frébault, figure historique du secours en montagne, nous a quittés

Jeudi 27 octobre 2011

C’était un petit homme discret, à la moustache fine et à l’œil vif. Son nom sonnait comme un acteur historique des grands faits divers alpins de ces 50 dernières années. Aux commandes de son Alouette de la Sécurité civile, Alain Frébault est intervenu sur des sauvetages périlleux de l’Oisans à la Vanoise et jusqu’au Mont-Blanc.
1966 : un avion d’Air India s’écrase sur le toit de l’Europe, 117 morts. Frébault héliporte les secours là-haut.
1970 : avalanche de l’UCPA à Val d’Isère, 39 morts, le pilote assure les rotations vitales. Mais l’opération qui le fit à coup sûr entrer dans l’histoire de la montagne, s’est jouée à 4 200 m d’altitude sur la crête des Grandes Jorasses.

L’homme qui sauva Desmaison
Le 25 février 1971, lui qui ne connaissait que très peu ces lieux du massif du Mont-Blanc, est appelé en renfort à sa base du Versoud. Au premier survol, il aura le coup de génie de se poser là où depuis une semaine bien des pilotes d’hélicoptère locaux n’avaient songé aller, déroutés par des vents démoniaques. « J’ai eu la bonne intuition », confiait-il.
Depuis quinze jours, René Desmaison, le plus célèbre alpiniste français, est bloqué, 90 m plus bas dans la face nord. Grâce à la manœuvre de Frébault, quatre sauveteurs pourront évacuer Desmaison par le haut. Pour Gousseault, il était trop tard. Depuis, Desmaison, qui lui devait la vie, lui enverra un cadeau à chaque Noël.

En 1986, Alain Frébault, Chevalier de la Légion d’Honneur, raccrochera le manche après 8 000 heures de vol, dont 4 000 en hélicoptère, et 750 secours en montagne. Originaire de la région parisienne, dès 16 ans il avait affiché sa vocation pour les airs. Aéronef, planeur, puis vol moteur… Les aérodromes étaient ses terrains de prédilection.

À 28 ans, il intègre la Protection civile, rentrant chez les CRS pour sa formation et son brevet de pilote hélicoptère à Dax.

En 1963, Frébault fut affecté à Grenoble où il effectuera la quasi-totalité de sa carrière. Le pilote se prendra de passion pour le Vercors où il retapera un chalet. Lors d’une rencontre à Mérindol (Vaucluse) où il s’était retiré, il évoquait ce secours dans les gorges de Domène, où il avait eu l’idée de rallonger son treuil avec une corde pour sauver un homme de la noyade. Ou encore cette intervention extrême à la Meije, au bivouac des Demoiselles, où il s’était posé sur une plateforme pas plus large qu’une table. (...) Lire la suite sur ledauphine.com

- Cliquez ici pour lire Marc LAFOND raconte Alain FREBAULT.

Reportage © JT France 3 Rhône-Alpes source
Interviewés : Vincent SAFFIOTI, Pilote et Chef de Base au Versoud et Marc LAFOND, Chef Mécanicien à la Base du Versoud - Retraité

Bon vol, Alain... Photo © France 3

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