Après l’accident d’hélicoptère, le témoignage : "J’ai compris que j’allais mourir"

Mardi 26 août 2008

L'Alouette III F-ZBFM de la Sécurité civile qui s'est posée en catastrophe dans la combe maudite, mercredi dernier, a été rapatriée hier matin sur la DZ des Bois par un EC 725 Caracal de l'Armée de l'air - Photo DLJeudi dernier, l’Alouette III F-ZBFM de la Sécurité civile intervenait au Grand Capucin pour secourir un alpiniste, victime d’une chute de 30 mètres. En stationnaire, à proximité de la partie terminale de la face, à près de 3 800m d’altitude, les pales de l’hélicoptère vont heurter la paroi (lire notre édition du 22 août). Un alpiniste présent dans le secteur au même moment, dit avoir entendu un bruit comparable « à une tondeuse à gazon qui se prend dans le gravier. »
Au bout du treuil, 30 mètres sous la machine, les pieds dans le vide, le médecin Sonia Popov s’apprête à atteindre le secouriste positionné sur la vire où se trouve l’accidenté. Elle tend sa longe. Et puis... « J’ai senti une odeur de poudre quand le métal touche le caillou. J’étais à peine à 1 mètre du secouriste sur la vire et je n’ai pas bien compris ce qu’il se passait. J’ai senti qu’on partait en arrière et j’ai levé la tête, pensant à une chute de pierre. Et puis, voyant qu’il n’y avait rien qui tombait, j’ai senti comme des vibrations. J’ai vu l’appareil descendre à vive allure et là, j’ai compris qu’il ne volait plus normalement. Le glacier se rapprochait et j’ai compris qu’on allait mourir. »
Finalement, à environ 1 mètre du sol, le câble du treuil était totalement enroulé et Sonia Popov se retrouvait à l’intérieur de l’hélicoptère. In extremis. « Le pilote s’est posé tout en douceur avec beaucoup de sang froid. On a eu beaucoup de chance. »

Un super Puma a évacué l’hélicoptère hier
Alors que les pales détériorées de la machine avaient été rapatriées vendredi, hier, un Super Puma, en provenance de la base de Cazaux en Gironde, s’est rendu dans la combe Maudite à 3 300 m, au pied du Grand Capucin où se trouvait toujours l’Alouette III. Vers 9h30, l’hélicoptère d’1,2 tonne a été sanglé et transporté par le Puma de l’Armée lors d’une opération de sling exceptionnelle. Aux commandes, se trouvait le lieutenant-colonel Dumont de l’escadron d’hélicoptères Pyrénées : « Heureusement, on ne fait pas ça tous les jours. Notre mission principale est le combat. Et puis, il y a des opérations spéciales de sauvetage. »
Son Super Puma, capable de lever des charges de 3,8 tonnes a dû composer avec les effets de l’altitude : « La difficulté résidait dans la performance disponible à 3 300 m, avec très peu de marge de manœuvre au niveau de la puissance. Ça nous a obligés à faire des calculs fins. » Et à déjouer le relief pour trouver la bonne trajectoire et éviter les câbles de la télécabine de la vallée Blanche. Antoine Chandellier source

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